MOUCHE vs ESOX MASKINONGY

La pêche à la mouche est traditionnellement associée à la pêche aux salmonidés. Même les pêcheurs conventionnels préfèrent les salmonidés aux autres espèces. En effet, l’omble de fontaine représente, au Québec, plus de 40% de toutes les captures effectuées, toutes techniques confondues. Le brochet, quant à lui, représente un maigre 6%.

Qu’en est-il du plus grand prédateur d’eau douce du Québec? Le maskinongé n’est pas répertorié dans les statistiques de pêche du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), puisqu’il s’inscrit dans la catégorie « autres espèces » qui ne représente même pas 1% des captures effectuées en eau douce par les pêcheurs québécois. Toutefois, le Maskinongé est une espèce qui gagne en popularité dans la communauté des moucheurs québécois.

S’attaquer à celui qu’on nomme « le poisson des 10 000 lancers » n’est pas chose facile, encore moins lorsqu’on s’y attaque à la mouche. Il demande de la patience, beaucoup de motivation, et un niveau d’endurance hors du commun. En effet, vous pouvez passer plusieurs heures sur l’eau sans apercevoir l’ombre d’un poisson et tout à coup, sans avertir, un poisson record prendra votre mouche en un éclair. Si vous n’étiez pas attentif, vous venez de perdre ce poisson. Chaque lancer compte et le pêcheur de maskinongé se doit d’en être conscient. Ferrer un poisson en « strip set » après plusieurs heures à lancer sans relâche demande un niveau de concentration élevé et une rapidité d’exécution hors du commun. C’est ce qui rend cette pêche si difficile, et à la fois si excitante. Les pêcheurs de maskinongé aguérris vous le diront: la traque de ce prédateur se maîtrise à force de poissons perdus et d’erreurs commises.

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Un beau maskinongé de 42,5 pouces capturé à la mouche.

Nombreux sont les moucheurs traditionnels qui me disent vouloir s’attaquer à ce prédateur. Plusieurs me parlent de longues journées à pêcher la truite ou le saumon, de plusieurs centaines de lancers, de « bombers » ou de gros streamers peu aérodynamiques… Lancer des mouches de 30 centimètres, avec une canne #10 et une soie calante de 280 grains ou plus n’a rien à voir avec ce que l’on s’imagine comme étant une journée de pêche épuisante. De plus, si vous ne maîtrisez pas le lancer ovale, vous risquez de vous épuiser à une vitesse folle.

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Mouche à maskinongé montée par PL Lemoing

D’emblée, une mouche conçue pour le maskinongé se doit de déplacer beaucoup d’eau. BEAUCOUP D’EAU. Et qui dit déplacer de l’eau, dit déplacer de l’air. Les mouches à maskinongé sont extrêmement difficiles à lancer, et l’équipement requis pour le faire vient ajouter à la difficulté de la technique. Il n’est pas rare de voir certains moucheurs avoir de la difficulté à lancer plus loin que la tête de la soie. Toutefois, lorsque vous traquez les poissons de grande taille, cela ne suffira pas. Il vous faut pratiquer et pratiquer encore afin d’habituer votre corps et votre technique à l’effort que cela demandera.

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Mouches à maskinongé montées par PL Lemoing

De plus, plusieurs pêcheurs ne veulent pas investir dans l’équipement nécessaire à la pêche aux esocidés. Plusieurs pensent pouvoir s’en sortir avec leur équipement à saumon. Cela est généralement vrai pour le brochet et effectivement possible lorsque vous tentez de capturer des poissons de taille modeste, mais lorsque votre but est de capturer un maskinongé de plus de 45", c’est une autre histoire. « Big fly, big fish ». Il vous faudra vous munir au minimum d’une canne #9 (idéalement #10+) et d’une soie à tête compacte conçue pour lancer de grosses, très grosses, mouches. Par ailleurs, Comme la meilleure saison pour traquer ces monstres est l’automne, il vous faudra prospecter diverses structures. Une soie calante sera appropriée pour pêcher en embarcation alors que certains poissons auront gagné les profondeurs de leurs abris d’hiver. Toutefois, si vous ne pêchez pas en embarcation, une soie flottante ou intermédiaire sera adéquate.

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Musky capturé a gué en rivière peu profonde.

Si vous avez décidé de poursuivre l’aventure, il vous faut savoir que le maskinongé n’a pratiquement aucun prédateur naturel, lorsqu’il atteint l’âge adulte. Il n’a pas peur de vos mouches, il n’a pas peur de votre soie, et la plupart du temps, il n’a pas peur de vous. Afin de faciliter le lancer, raccourcissez votre avançon au maximum. J’utilise généralement 12 pouces de mono 30 lbs, suivis de 12 pouces de fluorocarbone 120 lbs pour résister aux dents d’esox. Il existe toutefois sur le marché une variété de fil de pêche métallique conçu spécialement pour les esocidés. En mon humble avis, le flurocarbone de gros calibre est à privilégier car il a moins de mémoire et il est moins dur pour les mains, et pour le poisson.

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Gabriel avec son premier musky.

En ce qui concerne la mouche, gardez la en mouvement, en tout temps. Plusieurs ont tendance à figer lorsqu’un monstre d’eau douce commence à poursuivre leur mouche. C’est normal, mais si vous figez, il sera trop tard… Vous devez continuer à ramener la mouche, jusqu’au bateau s’il le faut. Rendu à votre embarcation, il faut encore conserver la mouche en mouvement. Un avançon court facilitera aussi la maîtrise des figures en 8. Cela consiste à tracer une forme de 8 (ou de grands cercles) dans l’eau, sur le bord de votre bateau, pour stimuler l’attaque du maskinongé. À ce moment, vous pouvez faire bouger votre mouche de manière erratique, en prenant de très courtes pauses et en modifiant la vitesse et la direction de votre mouche. N’oubliez pas qu’une proie poursuivie par un prédateur ne s’arrêtera pas. Il vous faut imiter le comportement de cette proie avec votre mouche. Lorsque le maskinongé prendra votre mouche, ne levez pas la canne, tirez de toutes vos forces sur votre soie en pointant la canne vers le poisson pour appliquer une pression directe sur l’hameçon. La mâchoire des maskinongés est coriace, il faut donc que votre ferrage soit à la hauteur. Une fois piqué, le poisson tentera de se sauver. Ne le laissez pas faire. Ramenez le poissons sans arrêt en tirant sur la soie. Vous aurez l’impression que votre canne explosera sous la pression, c’est normal. Elle ne brisera pas. Prévoyez une puise assez grande pour recevoir le poisson et le tour est joué.

Maintenant, c’est à votre tour de tenter votre chance!

Bonne pêche!

Guillaume Morin

 

Références:

https://www.pourvoiries.com/wp-content/uploads/2012/12/Donnees-socio-economique-sur-la-faune-Fevrier2012.pdf

http://www.orvis.com/news/fly-fishing/tuesday-tip-10-steps-to-catching-muskies/

http://www.flyfisherman.com/uncategorized/fly-fishing-for-muskie/

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